SASU à l’IS ou option à l’IR : quand l’option devient réellement intéressante

SASU à l’IS ou option à l’IR : quand l’option devient réellement intéressante

Choisir entre une SASU à l’IS et l’option à l’IR revient à piloter la trajectoire fiscale d’une entreprise dès le décollage. Derrière un vocabulaire technique, il est question de cash disponible, de rythme de développement et de liberté pour réinvestir les bénéfices ou se verser des dividendes. Selon la rentabilité attendue, le niveau de revenus du dirigeant et la stratégie patrimoniale globale (immobilier, bourse, placements alternatifs), l’arbitrage IR / IS peut accélérer ou freiner un projet. Une mauvaise décision peut alourdir l’imposition pendant des années, d’autant que le retour en arrière est très encadré. À l’inverse, un choix cohérent permet une véritable optimisation fiscale, en jouant sur le résultat fiscal, la rémunération du président, le report des déficits ou la fiscalité des dividendes. L’objectif n’est pas de trouver un « meilleur » régime universel, mais de repérer précisément quand l’option temporaire à l’IR devient réellement intéressante… et quand il vaut mieux s’en tenir à l’IS.

En bref : SASU à l’IS ou option à l’IR ?

  • 💡 La SASU est imposée par défaut à l’IS, avec un taux réduit de 15 % sur une partie des bénéfices puis 25 %, mais peut exercer une option fiscale pour l’IR pendant 5 exercices sous conditions.
  • 📉 L’IR devient intéressant quand la société est peu rentable, en phase de lancement ou déficitaire : les pertes peuvent être imputées sur le revenu global de l’associé, ce qui allège immédiatement l’imposition du foyer.
  • 🚀 L’IS est en général plus adapté dès que les bénéfices montent, car le taux reste plafonné à 25 %, la rémunération du dirigeant est déductible et la société peut lisser sa fiscalité dans le temps.
  • ⚠️ L’option à l’IR est temporaire, encadrée dans le temps et irréversible une fois abandonnée : un mauvais timing peut coûter cher sur les dividendes et le résultat fiscal.
  • 🎯 Le bon choix dépend du mélange revenus actuels du dirigeant, besoin de trésorerie personnelle, ambitions de croissance et autres investissements (immobilier locatif, bourse, placements atypiques).

SASU à l’IS ou option à l’IR : comprendre les règles avant de parler optimisation fiscale

Avant de chercher « le meilleur arbitrage » entre IS et IR, il faut poser le cadre. La SASU, comme la SAS classique, relève de plein droit de l’impôt sur les sociétésoption fiscale pour l’IR vient bousculer ce fonctionnement en rendant la SASU fiscalement transparente : le bénéfice (ou le déficit) remonte directement dans la déclaration de revenus de l’associé, comme s’il s’agissait d’une activité individuelle.

Ce basculement n’est possible que si la société respecte un faisceau de conditions : moins de 50 salariés, chiffre d’affaires ou total de bilan inférieur à 10 millions d’euros, activité opérationnelle (commerciale, artisanale, libérale, agricole), absence de cotation en bourse et associé unique personne physique exerçant la direction. La loi limite cette transparence à 5 exercices maximum, ce qui suffit pour couvrir la phase la plus sensible d’un projet : les premières années, là où la rentabilité est encore fragile et les besoins de trésorerie très élevés.

Sur le plan pratique, la démarche s’anticipe. L’option pour l’IR doit être notifiée au service des impôts des entreprises dans les 3 mois de la création ou du début de l’exercice concerné. Passé ce délai, la SASU reste à l’IS au moins pour l’exercice en cours. Une vigilance particulière s’impose, car une fois la période IR terminée ou l’option dénoncée, un retour à ce régime n’est plus possible.

Pour visualiser l’impact concret, il suffit de comparer la mécanique des deux systèmes. À l’IS, la société supporte l’impôt à 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfices (si les critères sont remplis), puis 25 % au-delà. À l’IR, la totalité du résultat fiscal est intégrée au revenu global de l’entrepreneur et soumise au barème progressif (0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 %), avec les cotisations sociales associées. L’enjeu devient immédiat : si le taux marginal d’imposition du foyer reste faible, l’IR peut offrir un levier puissant. Si ce taux flirte déjà avec les tranches à 30 % ou plus, l’IS redevient nettement favorable.

Ce premier regard chiffré montre déjà que le bon choix ne se fait jamais en vase clos. Il dépend autant du projet entrepreneurial que de la stratégie patrimoniale globale : présence d’un crédit immobilier pour investir, autres revenus professionnels, placements en bourse ou en immobilier locatif via une SCI à l’IR ou à l’IS, etc. Dès cette étape, articuler la fiscalité de la SASU avec le reste du patrimoine change profondément la lecture des chiffres.

Transparence fiscale, double imposition et rôle clé du résultat fiscal

Le cœur de l’arbitrage, c’est la manière dont circule et se transforme le bénéfice. À l’IS, le résultat fiscal appartient à la société. Il peut être mis en réserve, réinvesti ou distribué en dividendes. Chaque choix a sa traduction en trésorerie et en impôt. La rémunération du président est traitée comme une charge, ce qui réduit la base soumise à l’IS et permet de calibrer très finement la rémunération nette après impôt et charges sociales.

À l’IR, plus de cloison entre société et associé : le bénéfice global de la SASU, sans déduire la rémunération du dirigeant, est imposé chez l’associé, qu’il soit ou non effectivement distribué. Les « dividendes » n’ont plus de sens fiscal, puisqu’une seule imposition a déjà eu lieu au niveau du foyer. Cette transparence évite la double imposition, mais prive la SASU d’un puissant outil de pilotage : la liberté d’arbitrer entre rémunération, dividendes et mise en réserve pour optimiser la fiscalité année après année.

Une autre notion sépare nettement les régimes : le traitement des déficits. Sous IS, les pertes peuvent être reportées sur les bénéfices futurs pendant plusieurs années, ce qui réduit la charge d’IS des exercices bénéficiaires ultérieurs. Sous IR, les déficits sont imputés immédiatement sur le revenu global de l’associé, mais ne sont pas reportables de la même manière, d’où un choix très différent selon que les pertes sont ponctuelles ou qu’elles s’étalent sur plusieurs années.

Au fond, cette section met en lumière une première clé : la compréhension fine du circuit du résultat fiscal, de son imposition et de son impact personnel conditionne toute décision rationnelle entre SASU à l’IS et option à l’IR.

Quand l’option IR devient réellement intéressante pour une SASU

L’option IR ne devrait jamais être un réflexe, mais un choix opportuniste, aligné avec une phase précise de vie de l’entreprise. Elle devient réellement intéressante lorsque la SASU traverse une période de faible rentabilité ou de pertes programmées. Start-up en R&D, activité de conseil qui démarre lentement, projet qui nécessite de lourds investissements initiaux : dans ces cas, les déficits successifs peuvent peser sur la trésorerie si tout reste dans la société sans contrepartie fiscale immédiate pour le dirigeant.

Avec l’IR, ces déficits remontent dans la déclaration de revenus de l’associé et viennent réduire le revenu imposable de son foyer. Pour un créateur déjà imposé sur un salaire ou des revenus fonciers (par exemple issus d’une location nue ou meublée), cet effet peut se traduire par une baisse rapide de l’impôt global sur plusieurs années, redonnant du souffle financier au projet. Plus le taux marginal du foyer est élevé, plus cette imputation de déficit a de valeur.

Autre contexte favorable : le créateur qui se lance après une période de chômage avec des revenus relativement faibles. Le barème progressif de l’IR, avec ses premières tranches à 0 % et 11 %, peut, durant une ou deux années, conduire à une imposition plus douce qu’un IS à 25 %. Pour un consultant qui bascule d’une micro-entreprise vers une société, ce type de stratégie peut accompagner la transition, d’autant que le passage d’auto-entrepreneur à SASU est souvent la suite logique d’une activité qui grandit, comme le montre l’article sur la manière de quitter une microentreprise pour une SASU.

L’option IR se révèle aussi pertinente lorsque le dirigeant a d’autres projets d’investissement personnels très consommateurs de cash : acquisition d’un bien locatif avec crédit immobilier pour investisseur, renforcement d’un portefeuille boursier, voire préparation d’une expatriation future. En abaissant l’impôt immédiat grâce aux déficits imputables, il peut redéployer plus rapidement son capital vers ces autres axes patrimoniaux.

On peut résumer les situations où l’IR prend l’avantage par quelques profils types :

  • 🚀 Start-up à rentabilité différée : plusieurs années de déficit ou de marges très faibles prévues au business plan.
  • 🧱 Créateur déjà fortement imposé : besoin de neutraliser une partie de l’IR du foyer grâce aux déficits de la SASU.
  • 🌱 Reconversion avec revenus modestes : premières années de revenus limités, tranches basses du barème progressif, intérêt à profiter d’un IR faible.
  • 📊 Stratégie patrimoniale multi-actifs : volonté de réorienter rapidement du cash vers immobilier, bourse ou projets alternatifs.

Le point de vigilance tient au caractère temporaire de cette option. Une fois la SASU passée à l’IS, il sera impossible de revenir à l’IR. Le bon timing consiste généralement à enclencher l’IR dès la création lorsque les premières années sont clairement déficitaires, puis à planifier le retour à l’IS dès que la rentabilité récurrente se dessine. Une lecture annuelle du prévisionnel doit donc devenir un réflexe.

Étude de cas : la SASU en phase de lancement avec pertes programmées

Pour rendre le sujet concret, prenons le cas d’Alex, développeur qui quitte un CDI en 2026 pour lancer une plateforme SaaS via une SASU. Les deux premières années exigent des dépenses de marketing et de développement élevées, avec un chiffre d’affaires encore modeste. Le business plan annonce 30 000 € de déficit la première année, puis 15 000 € la deuxième, avant un léger bénéfice la troisième.

Alex conserve en parallèle un petit revenu locatif et quelques dividendes d’un portefeuille d’ETF. Son foyer fiscal est imposé dans la tranche à 30 % sans la SASU. En optant pour l’IR, les déficits de la société viennent réduire ses autres revenus, ramenant sa tranche marginale d’imposition à 11 % au lieu de 30 % les deux premières années. L’économie totale d’impôt financera une partie significative de la troisième année de développement, sans faire appel à un nouvel emprunt.

Si Alex était resté à l’IS, ces déficits auraient certes été reportés sur les bénéfices futurs de la SASU, mais sans bénéfice immédiat pour le foyer. Le choix de l’IR devient ici un levier de survie et de croissance. Une analyse similaire est pertinente pour un consultant qui sort du statut micro-entrepreneur, perçoit encore l’ARE et envisage une activité en portage salarial ou en SASU, comme décrit dans ce comparatif sur portage salarial et SASU pour consultant.

Ce type de scénario montre que l’IR, bien utilisé, n’est pas seulement une option « théorique », mais un véritable outil pour orchestrer le décollage d’un projet avec une fiscalité alignée sur la réalité économique de la jeune entreprise.

Quand la SASU à l’IS reprend la main : croissance, dividendes et visibilité fiscale

Dès que la SASU commence à générer des bénéfices récurrents et confortables, le curseur se déplace progressivement vers l’IS. Le motif principal tient au plafonnement du taux : 15 % sur une première tranche puis 25 % au-delà, là où le barème de l’IR grimpe rapidement à 30 %, 41 %, voire 45 %. Pour un dirigeant dont le foyer se situe déjà dans ces tranches supérieures, laisser le bénéfice remonter à l’IR revient à accepter une imposition souvent deux fois plus lourde que sous IS.

Autre carte maîtresse de l’IS : la possibilité de déduire intégralement la rémunération du président du résultat fiscal. Cette charge vient réduire l’assiette de l’IS tout en procurant un revenu déclaré en salaires au dirigeant, avec la protection sociale des assimilés salariés. La société peut ensuite arbitrer le reste du bénéfice entre mise en réserve et dividendes, en tenant compte de la flat tax à 30 % ou de l’option pour le barème progressif après abattement de 40 %.

À moyen terme, cette architecture donne une visibilité très appréciable : les dirigeants peuvent simuler leur optimisation fiscale sur plusieurs années, intégrer l’impact du versement ou non de dividendes, moduler leur rémunération en fonction de leurs autres sources de revenus (par exemple une activité parallèlement portée en freelance avec un contrat de prestation B2B) et maintenir leur taux global dans une zone maîtrisée.

Dans un environnement économique où les taux, les marchés et les réglementations bougent vite, cette visibilité vaut souvent plus que quelques points de pourcentage d’impôt économisés ponctuellement. Une SASU à l’IS qui enchaîne plusieurs exercices bénéficiaires est en position de force pour négocier un financement professionnel, rassurer une banque pour un compte professionnel ou un investissement via un compte pro pour TPE, ou accueillir un nouvel associé.

Tableau comparatif synthétique entre SASU à l’IS et option à l’IR

Pour visualiser les différences majeures, un tableau récapitulatif aide à repérer rapidement le régime adapté à chaque phase du projet. Les emojis soulignent les points à surveiller de près. 👇

💼 Critère🏢 SASU à l’IS🧾 SASU à l’IR (option fiscale)
Portage de l’impôtImpôt payé par la société sur le résultat fiscal (15 % / 25 %)Impôt payé par l’associé unique sur le bénéfice, intégré à son IR
💰 Traitement des dividendesDouble imposition : IS + PFU 30 % ou barème après abattement de 40 %Pas d’imposition spécifique des dividendes, bénéfice déjà taxé au niveau du foyer
📉 DéficitsReportables sur bénéfices futurs de la SASU (plusieurs années)Imputables sur le revenu global du foyer, mais non reportés de la même façon
👔 Rémunération du dirigeantDéductible du résultat fiscal, charge pour la sociétéNon déductible, le bénéfice global intègre sa rémunération
⏳ Durée du régimeSans limite dans le tempsLimitée à 5 exercices, option irréversible une fois abandonnée
🎯 Phase idéale d’utilisationEntreprise rentable, bénéfices réguliers, besoin de visibilité et d’optimisation à long termeDémarrage, projets à rentabilité différée, besoin de réduire l’IR personnel grâce aux déficits

Ce tableau rappelle une idée centrale : l’IS n’est pas « meilleur » que l’IR, et inversement. Chaque régime a son territoire naturel : l’IR pour les phases où la société absorbe des pertes, l’IS dès que la rentabilité prend le relais et que la protection du dirigeant contre les tranches élevées de l’IR devient prioritaire.

Articuler SASU, IR/IS et stratégie patrimoniale globale

Rarement le choix IS / IR se limite à la seule SASU. Il s’inscrit presque toujours dans un puzzle patrimonial plus vaste qui mêle immobilier, épargne financière, préparation de la retraite et, parfois, volonté de réduire progressivement la dépendance au salariat. L’arbitrage fiscal ne se joue donc pas uniquement sur une feuille de calcul, mais aussi sur les objectifs de vie du dirigeant.

Un entrepreneur peut, par exemple, combiner une SASU à l’IS qui génère des revenus stables, une SCI imposée à l’IS pour loger un parc immobilier professionnel, et un statut LMNP ou LMP pour ses investissements locatifs privés, comme décrit dans ce guide comparatif sur la location nue, LMNP et LMP. Chaque brique a ses propres règles d’imposition, mais le taux marginal d’IR du foyer finit toujours par servir de thermomètre global.

Lorsque la SASU opte pour l’IR, le bénéfice vient mécaniquement gonfler ce taux, avec un risque de basculer dans les tranches à 41 ou 45 % si les autres revenus sont déjà confortables. À l’inverse, maintenir la SASU à l’IS permet de contenir la pression fiscale, quitte à jouer sur la rémunération et les dividendes pour libérer du cash de manière plus maîtrisée.

Pour celles et ceux qui envisagent la création d’une société pour sortir de la micro-entreprise, un comparatif entre SASU et EURL, disponible sur ce guide SASU vs EURL, aide à comprendre comment chaque structure s’insère dans une stratégie de long terme. Là encore, le duo IS / IR ne se résume pas au taux, mais à l’interaction entre société et patrimoine privé.

Quelques repères concrets pour bâtir une stratégie cohérente

Pour donner des repères pratiques, voici quelques lignes directrices, à manier comme des tendances et non comme des règles rigides :

  • 📊 Foyer faiblement imposé (peu de revenus, début de carrière, reconversion) : l’IR peut se révéler doux sur quelques années, surtout avec des déficits imputables.
  • 💼 Foyer déjà très imposé (cadre, rentiers, multi-sources de revenus) : l’IS protège contre la montée dans les tranches supérieures de l’IR.
  • 🏗️ Projet avec lourds investissements initiaux : option IR pour capter les déficits au niveau du foyer, puis bascule IS dès que la rentabilité récurrente apparaît.
  • 🏠 Patrimoine immobilier important : articuler la stratégie SASU avec le choix IR / IS de la SCI et la fiscalité locative pour garder un taux marginal global maîtrisé.
  • 🧩 Volonté de simplifier à long terme : maintenir la SASU à l’IS et concentrer l’optimisation sur le dosage rémunération / dividendes.

Ces repères montrent que l’arbitrage IS / IR se rapproche plus d’un jeu de stratégie à long terme que d’un simple calcul instantané. L’objectif final reste le même : transformer l’énergie investie dans l’entreprise en liberté financière durable.

Procédure, délais et pièges à éviter pour changer de régime fiscal

Une fois le choix stratégique posé, reste à le sécuriser juridiquement et administrativement. Le changement de régime ne se fait pas par simple clic, mais par une décision formalisée et communiquée à l’administration. Pour l’option à l’IR, l’unanimité de l’associé unique est une formalité, mais le nerf de la guerre se trouve dans le délai de 3 mois suivant la création ou l’ouverture de l’exercice visé. Une notification tardive repousse mécaniquement l’entrée en vigueur d’un an, ce qui peut ruiner une stratégie basée sur l’imputation rapide des déficits.

Autre point délicat : l’option IR est temporaire et plafonnée à 5 exercices consécutifs. La SASU peut y renoncer avant terme, mais cette décision est irrévocable. Une fois revenue à l’IS, impossible de rebasculer à l’IR, même si les conditions d’éligibilité sont toujours remplies. La chronologie des résultats (périodes déficitaires, puis bénéficiaires) doit donc être regardée sur un horizon minimal de cinq à sept ans.

Le passage inverse, de l’IS vers l’IR, n’est possible que pour les jeunes sociétés qui respectent encore tous les critères (âge, chiffre d’affaires, effectif, structure de l’actionnariat). Une SASU qui a déjà plus de cinq ans ou qui est devenue trop importante en taille ne peut plus exercer l’option IR. Là encore, réfléchir tôt évite de se retrouver enfermé dans un régime non adapté.

Enfin, le changement de régime a des conséquences comptables (valorisation des stocks, des provisions, des amortissements) qu’un expert-comptable doit piloter. Ignorer ces aspects techniques peut générer des surprises sur le premier exercice de transition. Une société qui hésite entre rester seule ou s’associer, par exemple pour loger l’immobilier professionnel dans une structure séparée, gagnera à confronter ces scénarios, comme cela se fait souvent lors de montages combinant SASU, SCI et autres véhicules d’investissement.

Erreurs fréquentes des créateurs de SASU sur le choix IS / IR

Plusieurs erreurs reviennent souvent chez les créateurs de SASU :

  • ⚠️ Se focaliser uniquement sur le premier exercice sans projeter l’évolution des bénéfices sur 3 à 5 ans.
  • ⚠️ Oublier l’impact sur le foyer fiscal et se concentrer uniquement sur la société, alors que l’IR agrège tous les revenus.
  • ⚠️ Confondre trésorerie et résultat fiscal : une année de bons encaissements peut masquer un résultat fiscal modeste ou l’inverse.
  • ⚠️ Négliger la date limite de 3 mois pour l’option IR, perdant une année précieuse d’optimisation.
  • ⚠️ Sous-estimer l’irréversibilité : renoncer trop tôt à l’IR ou rester trop longtemps à l’IS sans relecture stratégique.

À l’opposé, les dirigeants qui réussissent leur arbitrage fiscal sont ceux qui abordent ce choix comme un pilier de leur stratégie globale, au même titre qu’un investissement immobilier bien structuré ou un portefeuille financier diversifié.

À partir de quel niveau de bénéfices l’IS devient-il plus intéressant que l’IR pour une SASU ?

L’IS devient généralement plus avantageux dès que le bénéfice récurrent de la SASU ferait basculer le foyer fiscal dans les tranches de l’IR à 30 %, 41 % ou 45 %. Tant que le taux marginal d’imposition de l’associé reste dans les tranches basses (0 % ou 11 %), l’IR peut rester compétitif, surtout en présence de déficits. Dès que la rentabilité se stabilise à un niveau significatif, l’IS et son taux plafonné à 25 % protègent mieux contre une hausse de la pression fiscale globale.

Que se passe-t-il pour les dividendes si la SASU opte pour l’IR ?

Lorsque la SASU est à l’IR, le bénéfice est déjà imposé entre les mains de l’associé unique via sa déclaration de revenus. Les dividendes n’ont alors plus de traitement fiscal spécifique : leur distribution ne déclenche pas une nouvelle imposition, contrairement à la SASU à l’IS où les dividendes subissent la flat tax à 30 % ou le barème progressif après abattement de 40 %. L’IR évite donc la double imposition des dividendes, mais expose le bénéfice global au barème progressif.

Peut-on repasser de l’IS à l’IR plusieurs années après la création de la SASU ?

Non, ce n’est possible que si la SASU respecte encore toutes les conditions d’éligibilité et se trouve toujours dans la fenêtre de 5 exercices suivant sa création. Une société plus ancienne ou qui dépasse les seuils de chiffre d’affaires, d’effectif ou de structure d’actionnariat ne peut plus exercer l’option IR. Une fois la période maximale IR passée ou l’option abandonnée, la SASU reste définitivement à l’IS.

Comment les déficits sont-ils traités différemment à l’IS et à l’IR ?

Sous IS, les déficits de la SASU sont reportables et viennent réduire les bénéfices des exercices futurs, ce qui abaisse la charge d’IS à long terme. Sous IR, ces déficits remontent immédiatement au niveau de l’associé et s’imputent sur son revenu global, ce qui peut diminuer fortement l’impôt du foyer à court terme. En revanche, ils ne jouent plus ensuite sur la fiscalité de la société lorsqu’elle redevient bénéficiaire. Le choix entre IR et IS dépend donc du besoin d’allègement fiscal immédiat ou différé.

Faut-il toujours demander l’aide d’un professionnel pour choisir entre IS et IR ?

L’arbitrage entre SASU à l’IS et option à l’IR touche à la fois la fiscalité de l’entreprise, la situation personnelle du dirigeant et sa stratégie patrimoniale. Un expert-comptable ou un fiscaliste peut modéliser plusieurs scénarios (déficits, croissance, distribution de dividendes, autres revenus) et chiffrer l’impact sur plusieurs années. Cette approche évite les erreurs coûteuses, notamment sur le calendrier de l’option IR, l’irréversibilité des choix et la cohérence avec les autres véhicules d’investissement (SCI, portage salarial, société holding…).