La résidence principale est‑elle un investissement rentable ?

La résidence principale est‑elle un investissement rentable ?

La résidence principale occupe une place à part dans l’univers de l’investissement immobilier. Certains la voient comme un graal patrimonial, d’autres comme une “fausse bonne idée” qui immobilise trop de capital. Entre la sécurité d’un toit et la recherche de rentabilité, la question devient vite délicate : la résidence principale est‑elle réellement un bon investissement, ou seulement une dépense mieux habillée qu’un loyer ? Derrière cette interrogation se cachent le choix du lieu de vie, la gestion des frais d’achat, les charges de propriété, la capacité de financement et la stratégie globale de patrimoine. Le tout dans un marché immobilier français plus contrasté que jamais, entre grandes métropoles tendues et villes moyennes encore abordables. Pour y voir clair, rien ne vaut une mise à plat honnête : chiffres, scénarios concrets, arbitrage avec l’investissement locatif et impact sur la valeur de revente.

En bref : résidence principale et rentabilité, que faut-il vraiment regarder ?

  • 🏠 La résidence principale sécurise un toit et stabilise votre budget logement, mais sa rentabilité n’est pas directe : pas de loyers perçus, seulement une économie de loyer futur et une éventuelle plus-value immobilière.
  • 💰 Un achat mal calibré (frais sous-estimés, zone peu dynamique, surendettement) peut devenir un fardeau et limiter votre capacité de financement pour d’autres projets d’investissement immobilier.
  • 📈 Comparée à un bien locatif, la résidence principale offre moins de levier financier à court terme, mais protège des hausses de loyers et construit un patrimoine plus “émotionnel” que purement financier.
  • ⚖️ La réponse dépend de votre âge, de votre mobilité, de vos revenus et de vos projets de vie : certains profils gagnent à acheter tôt, d’autres à rester locataires et à investir uniquement pour louer.
  • 🧮 Pour arbitrer, il faut comparer sur 10 à 20 ans : coût total du logement, fiscalité de la plus-value immobilière, scénarios de valeur de revente et potentiel de diversification (locatif, SCPI, placements financiers…).

Résidence principale : un investissement rentable… ou un confort coûteux ?

La première idée qui vient souvent à l’esprit est simple : “acheter sa résidence principale, c’est arrêter de jeter un loyer par la fenêtre”. La formule rassure, mais elle mérite d’être décortiquée. Un crédit immobilier de 25 ans, ce n’est pas seulement une substitution de loyer, c’est un engagement lourd avec des charges de propriété récurrentes : taxe foncière, entretien, travaux imprévus, copropriété, assurances. La ligne “logement” de votre budget ne disparaît pas, elle change simplement de nature.

Sur le plan purement financier, une résidence principale ne génère pas de revenu. Aucun loyer n’entre sur votre compte chaque mois. À l’inverse d’un bien locatif, vous ne pouvez pas déduire vos intérêts d’emprunt ni amortir le bien. Certains auteurs l’affirment sans détour, à l’image de Kiyosaki : la résidence principale serait un passif. La réalité est plus nuancée : elle ne produit pas de cash, mais elle vous évite d’en dépenser pour un loyer, ce qui constitue bien un “gain invisible” mois après mois.

Cette “économie de loyer” devient d’autant plus précieuse que les marchés tendus voient les loyers grimper. Dans une grande ville, un ménage qui rembourse 1 200 € de crédit pour un appartement qui se louerait 1 400 € bénéficie déjà d’un avantage implicite. Au fil des années, si les loyers augmentent plus vite que sa mensualité fixe, l’écart se creuse en sa faveur. Vu sous cet angle, la résidence principale sert de bouclier contre l’inflation immobilière. 🛡️

Autre levier souvent sous-estimé : la psychologie. Vivre chez soi apporte de la stabilité, une capacité à se projeter, à personnaliser son lieu de vie. Pour certains, ce confort mental justifie à lui seul un rendement financier moindre comparé à un investissement locatif. Difficile de chiffrer ce bénéfice, mais il influence profondément le niveau de stress et les décisions à moyen terme (changement de travail, arrivée d’enfants, projets personnels).

Le revers de la médaille tient à la rigidité. Une résidence principale mal choisie peut vite devenir un poids : changement de ville imposé par une mutation, séparation, besoin d’une pièce supplémentaire… Lorsque le logement ne suit plus la vie, la revente forcée ou la location temporaire peuvent dégrader l’équation. Des propriétaires se retrouvent alors coincés, avec un bien difficile à louer au prix espéré ou une valeur de revente décevante dans un quartier moins dynamique.

La clé réside donc dans l’équilibre entre confort et stratégie patrimoniale. Une résidence principale peut participer à un projet d’investissement immobilier rentable, à condition d’être achetée avec les mêmes exigences que pour un bien locatif : qualité de l’emplacement, liquidité du marché local, potentiel de revente ou de location. Sans cette discipline, le “rêve de propriétaire” peut grignoter de précieuses marges de manœuvre financières.

Frais d’achat, charges de propriété et coût réel de la résidence principale

Pour mesurer la rentabilité d’une résidence principale, il faut regarder au-delà des mensualités. Les frais d’achat pèsent lourd : droits de mutation, notaire, garantie, courtage. Sur un bien à 300 000 €, la facture dépasse facilement 22 000 à 25 000 €. Cet argent ne sera jamais récupéré, même en cas de belle plus-value immobilière. Il sert seulement de ticket d’entrée au jeu de la propriété.

À ces frais initiaux s’ajoutent les charges de propriété récurrentes :

  • 🔧 Travaux d’entretien (chaudière, toiture, ravalement, mises aux normes) qui surviennent rarement au bon moment.
  • 🏛️ Taxe foncière, parfois en forte hausse dans certaines communes pour financer les services locaux.
  • 🏢 Charges de copropriété pour les immeubles, avec un budget qui explose dès qu’un ascenseur ou une façade vieillissent.
  • 🛡️ Assurances (habitation, emprunteur) qui augmentent avec le temps, surtout en contexte de durcissement des conditions médicales.

Un propriétaire prudent anticipe ces coûts en mettant de côté une “provision travaux” annuelle. Les ménages qui ne le font pas vivent l’entretien comme une succession de mauvaises surprises, ce qui biaise la perception de la rentabilité de leur résidence principale. Et quand arrive un gros chantier de toiture ou d’isolation, la tentation est grande de rogner sur d’autres projets patrimoniaux.

Dans le calcul global, il faut aussi comparer ce coût complet avec le scénario alternatif : rester locataire au même endroit ou dans un logement comparable. C’est là que le débat devient intéressant. Un locataire ne supporte ni les gros travaux ni la taxe foncière, mais il subit la hausse des loyers et ne profite d’aucune revalorisation du bien. La résidence principale transforme donc la “dépense logement” en une combinaison de consommation et de constitution de patrimoine.

Le point de bascule se situe souvent autour de 8 à 10 ans de détention dans un même logement. En dessous, les frais d’achat et de revente diluent la rentabilité. Au-delà, l’amortissement de ces coûts fixes, la baisse progressive de l’impact des intérêts dans les mensualités et une éventuelle plus-value immobilière améliorent nettement le bilan. Pour quelqu’un qui sait qu’il sera mobile tous les 5 ans, l’achat de résidence principale apparaît beaucoup moins judicieux.

En arrière-plan, le marché immobilier local joue un rôle décisif. Un bien situé dans une zone dynamique, proche des transports, des emplois et des services, a davantage de chances de se revendre rapidement et correctement. Un pavillon éloigné, sans bassin d’emploi solide, peut perdre de la valeur en euros constants sur 15 ans, transformant la résidence principale en simple consommation de logement, sans gain patrimonial.

L’idée forte à retenir : une résidence principale rentable n’est pas celle qui “fait plaisir” au premier regard, mais celle qui reste désirable pour d’autres ménages dans 10 ou 15 ans.

Cette vidéo permet de visualiser concrètement les comparaisons de coût global entre achat et location sur plusieurs années.

Résidence principale ou investissement locatif : quel impact sur votre patrimoine ?

Face au dilemme résidence principale ou investissement locatif, de nombreux épargnants oscillent entre raison et envie. L’envie pousse vers un nid douillet, la raison suggère souvent de commencer par un logement destiné à la location, plus “froide” mais potentiellement plus rentable. Le cœur du sujet tient dans la façon dont chaque option fait travailler, ou non, l’effet de levier du crédit pour construire du patrimoine.

Un appartement loué génère des flux de trésorerie, parfois même un léger excédent mensuel grâce à un bon montage de financement. Sur 10 ou 15 ans, ces loyers remboursent une partie significative du crédit et la valeur nette du bien grimpe, surtout si le marché reste porteur. À l’inverse, une résidence principale mobilise la même capacité d’emprunt, mais sans qu’aucun locataire ne participe au remboursement. La création de richesse y est donc plus lente, même si la trajectoire du bien est très positive.

Certains investisseurs choisissent une voie intermédiaire : acheter de petits logements locatifs dans des villes de province à forte rentabilité, tout en continuant à louer leur résidence. Cette stratégie leur permet d’enchaîner plusieurs acquisitions, grâce à des dossiers soutenus par les loyers perçus. La résidence principale n’est achetée que plus tard, une fois le socle patrimonial en place. Dans ce type de parcours, la maison de famille devient un aboutissement, pas un point de départ.

La fiscalité joue aussi un rôle clé. Les revenus locatifs peuvent bénéficier de mécanismes de défiscalisation immobilière patrimoniale ou de régimes comme le LMNP, qui amortissent une partie du bien. Une résidence principale, elle, n’ouvre pas ce type d’avantages, mais offre un autre atout : l’exonération de plus-value immobilière à la revente lorsque le bien a été effectivement occupé. Cet avantage devient très significatif dans les secteurs où les prix montent vite.

Pour comparer objectivement, un tableau synthétique vaut souvent mieux qu’un long discours ⬇️

Critère ⭐Résidence principale 🏠Investissement locatif 🏢
Revenus mensuels0 € (économie de loyer seulement)Loyers perçus 💶
Fiscalité courantePas de déduction, pas d’impositionRevenus fonciers/BIC, optimisation possible 📊
Plus-value à la reventeExonérée dans la plupart des cas ✅Imposée, avec abattements dans le temps
Flexibilité de viePlus faible (vente ou location si changement) 🧱Forte : gestion à distance, changement de stratégie
Effet de levier du créditPatrimoine construit lentementPatrimoine et cashflow plus rapides ⚡
Confort émotionnelTrès élevé 🧡Plus neutre, logique d’actif financier

L’expérience montre que les profils jeunes, mobiles et sans enfants tirent souvent plus de bénéfices d’un premier investissement locatif. À 25 ou 30 ans, quand la vie personnelle et professionnelle reste fluide, s’enfermer 20 ans dans un crédit de résidence principale peut limiter les opportunités. À l’inverse, un couple stabilisé qui souhaite se fixer et scolariser ses enfants dans un secteur donné privilégiera la maison familiale, même si la rentabilité brute est plus faible.

Pour complexifier encore le tableau, de plus en plus de stratégies hybrides émergent : colocation dans une maison dont une partie est occupée par les propriétaires, location saisonnière d’une partie de la résidence principale, SCI familiales permettant de mixer usage personnel et location. Des ressources spécialisées, comme celles sur la gestion en SCI à l’IR ou à l’IS pour investir à plusieurs, aident à structurer ces montages sans se perdre.

L’essentiel reste de garder en tête cette idée : la résidence principale sécurise un mode de vie, le locatif construit un capital financier. La bonne stratégie ne consiste pas à opposer les deux, mais à choisir l’ordre et la proportion adaptés à votre trajectoire.

Plus-value immobilière, valeur de revente et horizon de temps

La question de la valeur de revente de la résidence principale mérite un examen attentif. Sur 15 ou 20 ans, même une hausse modérée des prix peut générer une plus-value immobilière confortable, surtout en zone tendue. Pour un appartement acheté 250 000 € et revendu 350 000 €, le gain brut de 100 000 € est exonéré d’impôt si le bien était votre logement principal. Cette niche fiscale compense en partie l’absence de loyers pendant la détention.

Reste que cette plus-value n’est jamais garantie. Un retournement de marché immobilier, la dégradation d’un quartier, la construction d’axes routiers bruyants ou la fermeture d’un bassin d’emploi peuvent peser sur les prix. L’horizon de temps joue ici un rôle amortisseur : plus la durée de détention est longue, plus les aléas conjoncturels se lissent. Acheter une résidence principale avec un horizon de 3 à 5 ans est donc généralement risqué.

Pour ceux qui multiplient les opérations d’achat-revente avec une attention particulière à la fiscalité des plus-values, la résidence principale peut devenir un outil de stratégie patrimoniale : occupation réelle du bien, valorisation par des travaux qualitatifs, revente après quelques années pour monter en gamme. Cette approche demande cependant une excellente maîtrise des coûts de travaux, des délais de revente et des règles fiscales.

En parallèle, la valorisation d’un logement dépend fortement de sa capacité à répondre aux nouveaux standards : performance énergétique, confort thermique, espaces extérieurs, connectivité. Un appartement mal classé sur le DPE ou difficile à isoler risque d’être fortement décoté, surtout si des réglementations plus strictes s’appliquent à la revente. Anticiper ces enjeux dès l’achat revient à protéger la future valeur de sa résidence principale.

Au final, voir une résidence principale comme un “placement” pur est réducteur. Elle fonctionne plutôt comme la pièce maîtresse d’un échiquier patrimonial, autour de laquelle se construisent ou non d’autres actifs plus rentables.

Ce type de contenu vidéo complète bien la réflexion en donnant des scénarios chiffrés comparant achat et location sur plusieurs villes.

Cas concrets : quand la résidence principale devient un bon (ou un mauvais) investissement immobilier

Les exemples concrets aident souvent davantage que les théories pour trancher. Prenons deux profils fictifs, mais très proches de ce que rencontrent les conseillers en investissement immobilier sur le terrain. Ces scénarios montrent comment une même décision – acheter sa résidence principale – peut produire des résultats diamétralement opposés selon le contexte.

Premier profil : Claire, 32 ans, salariée à Lyon. Elle achète un T3 proche du métro pour 280 000 €, avec 20 000 € d’apport et un crédit sur 25 ans. Sa mensualité s’élève à 1 450 €, alors que le même logement se loue 1 350 €. Les frais d’achat initiaux tournent autour de 22 000 €. Claire prévoit d’y rester au moins 10 ans, son travail étant stable et sa famille plutôt ancrée dans la région. Dans ce cas, son achat se transforme progressivement en bon investissement : le quartier reste recherché, la ligne de métro est prolongée, la valeur de revente potentielle atteint 320 000 à 340 000 € dix ans plus tard.

Face à elle, Thomas, 29 ans, consultant très mobile, achète lui aussi une résidence principale, mais dans une ville où il vient d’être muté. Il opte pour un grand appartement “coup de cœur” un peu surévalué par rapport au reste du secteur, car il veut se faire plaisir. Deux ans plus tard, nouvelle mutation, il doit vendre en urgence. Le marché est mou, le bien atypique séduit peu et les offres ne dépassent pas le prix initial. Les frais de notaire, d’agence et de crédit n’étant pas amortis, l’opération se traduit par une perte nette.

Ces deux histoires montrent à quel point l’horizon de temps, la qualité de l’emplacement et la cohérence avec la vie réelle priment sur le simple fait d’acheter ou non. Si la résidence principale est pensée comme un bien liquide, facilement revendable, compatible avec la location le cas échéant, le risque de mauvaise surprise baisse considérablement.

Autre cas intéressant : les ménages qui achètent une résidence dans une ville moyenne avec l’intention d’en faire plus tard un bien locatif. Ils choisissent un logement proche des transports, des écoles et des commerces, en ciblant une typologie très demandée (T2 ou T3). Après quelques années d’occupation, un déménagement professionnel les pousse à louer ce bien. La trajectoire se transforme alors : la résidence principale devient un actif qui génère des revenus, bascule sous un autre régime fiscal, et s’intègre à une stratégie patrimoniale plus large.

Pour maîtriser les risques de vacance, de loyers impayés ou de sinistres, certains s’intéressent d’ailleurs aux solutions de gestion des risques type PNO et GLI. La résidence principale “reconvertie” en locatif ne se gère pas au hasard : elle devient un véritable outil d’investissement immobilier, avec toutes les exigences que cela implique.

De l’autre côté du spectre, la tentation du “plaisir pur” – maison très grande, localisation moins centrale mais plus bucolique – peut ronger la rentabilité globale. Une maison surdimensionnée par rapport aux besoins, dans une commune peu dynamique, demandera plus d’entretien, se revendra plus lentement et risque la décote. L’acheteur y gagnera peut-être en qualité de vie au quotidien, mais y perdra largement en capacité à construire d’autres actifs.

La véritable question à se poser devient alors : “Si je devais louer ce logement demain, trouverais‑je facilement un locataire solvable au prix que je vise ?” Si la réponse est non, le caractère “investissement” de la résidence principale s’érode fortement.

Stratégies hybrides : mixer usage personnel et logique patrimoniale

Entre le tout-résidence principale et le tout-locatif, des solutions intermédiaires permettent de concilier qualité de vie et levier financier. Certaines familles achètent une grande maison et louent une ou deux chambres à des étudiants en colocation, réduisant leur mensualité de crédit. D’autres transforment une annexe en studio indépendant pour de la location courte durée. Ces approches supposent de bien maîtriser les règles locales, mais elles transforment un bien de consommation en semi-actif productif.

Dans certains cas, la résidence principale est portée par une structure juridique comme une SCI, qui loue ensuite le bien aux occupants. Ce type de montage, lorsqu’il est cohérent et bien encadré, permet de mutualiser les apports, de préparer une transmission fluide ou de jouer sur le démembrement de propriété et la fiscalité associée. On se rapproche alors d’une logique de “patrimoine organisé”, où la maison de famille n’est plus isolée mais intégrée à un ensemble d’actifs cohérents.

Une autre stratégie consiste à acheter une résidence principale relativement modeste, bien située, tout en conservant une capacité d’emprunt pour du locatif. La maison n’absorbe pas tout le budget, laissant la place à un ou deux petits appartements loués qui, eux, optimiseront la rentabilité globale. L’équilibre entre confort et performance financière se joue souvent dans ce dosage subtil plutôt que dans le choix binaire.

Au fond, chaque fois que la résidence principale est pensée à la fois comme lieu de vie et comme brique de patrimoine, elle se rapproche d’un véritable investissement. L’inverse, acheter uniquement au coup de cœur en oubliant la revente, revient à s’éloigner de toute logique rentable.

Comment analyser la rentabilité potentielle de sa résidence principale avant d’acheter ?

Pour évaluer la dimension “investissement” d’une future résidence principale, quelques réflexes d’analyste immobilier peuvent faire toute la différence. La première démarche consiste à comparer le coût total du logement en tant que propriétaire avec le coût en tant que locataire sur une durée donnée. On parle alors du “point mort” : à partir de combien d’années l’option achat devient plus intéressante que l’option location.

Ce calcul inclut les mensualités de crédit, l’apport immobilisé (et le rendement qu’il aurait pu rapporter ailleurs), les frais d’achat, les charges de propriété et une estimation raisonnable de la valeur de revente. Face à ce bloc, on met en miroir les loyers qu’il aurait fallu payer pour un logement équivalent, avec une hypothèse de hausse annuelle réaliste. Cet exercice ne donne pas une certitude, mais une tendance qui éclaire vraiment la décision.

Autre axe clé : la capacité du bien à se louer facilement si la vie impose un changement de plan. Un bon repère consiste à regarder les annonces dans le quartier, le taux de vacance, les délais de location, les types de demandeurs. Un T2 bien situé près des transports et des pôles d’emploi aura généralement une meilleure liquidité locative qu’une grande maison isolée, même si, sur le moment, la maison semble plus agréable à vivre.

Pour affiner encore, une liste de points de contrôle peut servir de boussole :

  • 📍 Emplacement : proximité des transports, écoles, commerces, bassins d’emploi.
  • 📊 Dynamique du quartier : projets urbains, évolution démographique, perception par les agences locales.
  • 🏗️ État du bâti : année de construction, diagnostics, risques de gros travaux à 10 ans.
  • 💶 Niveau de charges : copropriété, chauffage collectif, équipements coûteux (ascenseurs, piscine…).
  • 📈 Potentiel de revalorisation : rareté du produit, tension locative, amélioration possible par des travaux ciblés.
  • 🧮 Comparaison loyer/mensualité : l’écart est-il raisonnable ou complètement déséquilibré ?

Les plateformes d’annonces, les notaires et les agents locaux offrent des données de plus en plus fines sur le marché immobilier. Croiser ces sources permet de valider que le prix demandé n’est pas déconnecté de la réalité. Surpayer sa résidence principale de 10 à 15 % réduit immédiatement toute marge de manœuvre sur la future plus-value immobilière.

Pour ceux qui envisagent en parallèle d’autres acquisitions (locatif, biens de prestige, etc.), des ressources spécialisées sur le crédit immobilier pour investisseur ou sur le financement de segments spécifiques peuvent compléter la réflexion. La résidence principale ne doit pas épuiser toute la capacité d’emprunt si l’objectif est un parcours patrimonial riche.

Le rôle du financement et de la discipline budgétaire dans la rentabilité

La meilleure résidence principale du monde peut voir sa rentabilité ruinée par un mauvais montage de financement. Un crédit trop long, mal négocié, avec des assurances surdimensionnées, peut alourdir significativement le coût global. À l’inverse, un prêt ajusté au profil, des mensualités soutenables et des conditions flexibles (modulation, remboursement anticipé) augmentent la marge d’adaptation dans la durée.

La discipline budgétaire intervient ensuite. Constituer une épargne de précaution dédiée au logement, mettre de côté chaque mois pour anticiper les travaux, renégocier à bon escient son assurance emprunteur ou son taux, tout cela a un impact réel sur le rendement implicite de la résidence principale. Les propriétaires qui gèrent leur maison comme un “projet” et non comme une évidence se retrouvent souvent en position de force au moment de revendre ou d’arbitrer pour un nouveau projet immobilier.

Au-delà des chiffres, la rentabilité d’une résidence principale se mesure aussi à la façon dont elle sert de tremplin : capacité à financer les études des enfants en libérant de la valeur, possibilité de la transformer en locatif pour compléter une retraite, effet levier pour acheter un autre bien. La maison ou l’appartement que l’on habite trace une trajectoire financière bien plus large que son simple prix d’achat.

La résidence principale est‑elle vraiment un bon investissement immobilier ?

La résidence principale ne génère pas de revenus comme un bien locatif, mais elle permet d’économiser un loyer, de se protéger contre la hausse des loyers et, souvent, de bénéficier d’une plus-value immobilière exonérée d’impôt à la revente. Son caractère rentable dépend surtout de l’emplacement, du prix payé, de la durée de détention et de la capacité à rester flexible (revente ou mise en location si besoin).

Combien de temps faut-il garder sa résidence principale pour qu’elle soit rentable ?

En règle générale, le seuil de rentabilité se situe autour de 8 à 10 ans de détention. En dessous, les frais d’achat, de notaire et éventuellement de revente pèsent lourd. Au-delà, ces coûts se diluent, le capital remboursé augmente et une éventuelle revalorisation du marché immobilier améliore le bilan. Plus l’horizon de temps est long, plus la résidence principale a de chances de devenir un bon placement patrimonial.

Vaut-il mieux acheter une résidence principale ou commencer par un investissement locatif ?

Le choix dépend de votre âge, de votre mobilité et de vos objectifs. Un profil jeune et mobile gagne souvent à débuter par un bien locatif, qui fait travailler l’effet de levier du crédit et génère des loyers. Un ménage souhaitant se stabiliser, fonder une famille et s’ancrer dans une région aura tout intérêt à sécuriser sa résidence principale en premier. Dans beaucoup de cas, une stratégie mixte (résidence principale raisonnable + un ou deux biens locatifs) offre le meilleur équilibre entre confort et rentabilité.

Comment savoir si le prix de ma future résidence principale est cohérent avec le marché ?

Pour vérifier, il est utile de comparer le prix au mètre carré demandé avec les dernières ventes réelles dans le quartier, de consulter plusieurs agences, d’analyser les annonces similaires et de tenir compte de l’état du bien ainsi que des travaux à prévoir. Les bases de données notariales, les observatoires locaux et les retours d’expérience d’investisseurs permettent de valider que l’on ne surpaye pas. Surpayer de 10 à 15 % réduit fortement la rentabilité future et la marge sur la plus-value immobilière.

Peut-on transformer sa résidence principale en investissement rentable plus tard ?

Oui, de nombreux propriétaires choisissent de louer leur ancienne résidence principale lorsqu’ils déménagent. Le bien devient alors un actif locatif qui génère des loyers. Il faut toutefois vérifier les clauses du prêt, adapter l’assurance, se renseigner sur la fiscalité applicable et s’assurer que le bien se louera facilement. Anticiper ce scénario dès l’achat (typologie, emplacement, niveau de charges) augmente fortement les chances que cette transformation soit réellement rentable.