Mutuelle, prévoyance et retraite dirigeant : obligations légales vs bonnes pratiques

Mutuelle, prévoyance et retraite dirigeant : obligations légales vs bonnes pratiques

La protection sociale d’un dirigeant ne se résume plus à cocher des cases pour respecter la loi. Entre mutuelle, prévoyance et retraite, le moindre arbitrage a un impact direct sur la sécurité financière personnelle, la pérennité de l’entreprise et l’attractivité de la politique RH. Beaucoup de chefs d’entreprise se contentent du minimum réglementaire, parfois par manque de temps, parfois par méconnaissance des obligations légales. Pourtant, un contrat mal pensé ou mal appliqué peut coûter bien plus cher qu’une couverture optimisée : redressements URSSAF, contentieux prud’homaux, pertes de droits pour les salariés… et pour le dirigeant lui-même. L’écart entre la contrainte légale et les bonnes pratiques d’optimisation ressemble à une vraie marche à franchir, mais ceux qui s’y penchent sérieusement transforment une dépense subie en véritable outil de gestion des risques et de pilotage patrimonial.

En bref : mutuelle, prévoyance et retraite du dirigeant

  • ✅ Toute entreprise avec au moins un salarié doit proposer une mutuelle d’entreprise respectant le « panier minimal » (ticket modérateur, hospitalisation, dentaire, optique).
  • ✅ La prévoyance est facultative en théorie, mais obligatoire pour les cadres et dès que la convention collective l’impose, sous peine de lourds dommages et intérêts ⚖️.
  • ✅ La retraite de base et complémentaire doit être cotisée correctement, sinon l’employeur s’expose à des régularisations et à la réparation de la « perte de chance » du salarié.
  • ✅ Le dirigeant n’est pas toujours couvert d’office : tout dépend de son statut (assimilé salarié ou TNS) et du périmètre du régime collectif.
  • ✅ Les bonnes pratiques combinent conformité, optimisation fiscale, niveau de garanties cohérent et sécurisation documentaire pour limiter les litiges.

Mutuelle dirigeant et salariés : cadre légal, risques et bonnes pratiques pour une couverture sociale solide

La mutuelle d’entreprise reste le socle le plus visible de la couverture sociale. Depuis l’Accord national interprofessionnel généralisé en 2016, toute entreprise qui emploie au moins un salarié doit instaurer une assurance complémentaire santé collective avec un panier de soins minimum et un financement patronal d’une partie des cotisations. Ce dispositif vise à sécuriser la santé des salariés tout en harmonisant les pratiques. Pourtant, sur le terrain, une grande partie des contentieux naît de détails techniques négligés : document fondateur incomplet, dispenses non formalisées, contrat non responsable, mauvaise définition de la population couverte.

Le « panier minimal » impose la prise en charge intégrale du ticket modérateur sur les actes remboursés par l’Assurance maladie, la totalité du forfait journalier hospitalier et un socle de garanties dentaire et optique (avec, par exemple, un plancher de remboursement pour les lunettes allant de 100 à 200 € selon la correction). Ce socle ne fait pas rêver, mais il conditionne le caractère « responsable » du contrat et donc les exonérations de charges sociales sur la part patronale. Sans contrat responsable, l’entreprise perd une bonne partie de ses avantages sociaux, ce qui revient à renchérir le coût de la mutuelle sans gain pour personne.

Autre point clé : le caractère obligatoire du régime collectif. En principe, tout salarié doit être affilié, sauf s’il entre dans un cas de dispense prévu expressément par la loi et par l’acte de mise en place (contrat court, temps très partiel, déjà couvert par ailleurs, bénéficiaire de la Complémentaire santé solidaire…). Les tribunaux se montrent particulièrement attentifs à la traçabilité de ces dispenses. Sans demande écrite signée et justificatifs conservés, une dispense peut être requalifiée et l’entreprise accusée d’avoir mal appliqué son obligation 😬.

Les décisions de justice récentes montrent la sévérité croissante des juges. Non-affiliation à la mutuelle, cotisations prélevées à tort, affiliation tardive : chaque situation donne lieu à une appréciation précise. Des dommages et intérêts peuvent aller de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros, sans compter la possible obligation de rembourser les cotisations prélevées indûment. Les juridictions tiennent compte de la part de responsabilité du salarié, mais retiennent très souvent un manquement de l’employeur dès qu’un doute existe sur l’information donnée ou la clarté du dispositif.

Sur le plan pratique, les bonnes pratiques consistent à rédiger un document fondateur propre (décision unilatérale de l’employeur, accord collectif ou référendum) qui mentionne clairement : la population couverte, le caractère obligatoire ou facultatif, la part financée par l’employeur, la référence au contrat responsable, la liste des dispenses possibles. Une notice d’information remise à chaque nouveau salarié, une feuille de demande de dispense type et un archivage rigoureux forment un trio gagnant pour limiter les risques de litiges et de redressements URSSAF.

Pour un créateur qui hésite encore sur sa structure, comparer les statuts de société aide à anticiper le traitement de la mutuelle. Un dirigeant peut explorer par exemple ce comparatif entre SASU et EURL pour mesurer les impacts sur sa propre couverture santé. Ce choix initial conditionne ensuite la manière dont la mutuelle collective pourra ou non le couvrir.

Au final, la mutuelle ne se réduit pas à un tableau de garanties et à un taux de cotisation. C’est un élément central d’une politique de sécurité financière pour les salariés et un marqueur fort de sérieux pour l’entreprise.

Mutuelle et dirigeants : assimilation, dispenses et choix stratégiques

La place du dirigeant dans la mutuelle d’entreprise dépend entièrement de son statut. Un président de SAS ou de SASU est assimilé salarié : dès lors qu’un régime collectif est instauré pour les cadres ou une catégorie incluant les dirigeants, il peut – voire doit – y être affilié. À l’inverse, un gérant majoritaire de SARL ou d’EURL est travailleur non salarié (TNS) et relève plutôt d’une mutuelle TNS, souvent couplée à un dispositif de type loi Madelin.

Dans une entreprise sans salarié, aucune obligation de mutuelle collective n’existe. Le chef d’entreprise choisit donc une couverture individuelle. Tout change dès l’instant où un premier salarié est embauché 🚀. La réglementation impose alors la mise en place d’une mutuelle collective, et le document fondateur peut décider d’inclure ou non le dirigeant, à condition de définir une catégorie objective (par exemple « cadres dirigeants ») et non une catégorie « sur mesure » destinée uniquement à lui.

Lorsque le dirigeant entre dans la population couverte et que le régime est obligatoire, son adhésion devient elle aussi impérative sauf cas de dispense prévu. Cette situation est fréquente pour un président de SAS cumulant mandat social et véritable contrat de travail. Dans ce cas, la part de cotisation financée par l’entreprise bénéficie d’allègements de charges, est soumise à CSG/CRDS et reste fiscalisée au niveau du revenu imposable du dirigeant, ce qui suppose de bien calibrer le niveau de garanties par rapport à sa rémunération globale.

Là encore, le timing de la structuration joue un rôle. Lorsqu’un consultant crée sa structure et opte pour la SASU, il peut articuler son régime social, sa mutuelle et sa rémunération variable. Les ressources dédiées au portage salarial ou à la SASU pour un consultant montrent d’ailleurs comment la protection sociale influence le choix du statut. La mutuelle n’est alors plus une simple obligation, mais un levier pour attirer des missions, rassurer des clients et sécuriser ses propres revenus.

Face à ces arbitrages, une règle simple se détache : traiter la mutuelle comme une brique de stratégie globale, et non comme un achat administratif. C’est la meilleure manière de transformer une contrainte légale en atout pour le projet entrepreneurial.

Prévoyance du dirigeant et des salariés : obligations légales minimales et stratégie de sécurité financière

La prévoyance touche directement aux accidents de la vie : incapacité de travail, invalidité, décès. Pour un dirigeant comme pour ses collaborateurs, c’est la pierre angulaire de la sécurité financière en cas de coup dur. Sur le plan strictement légal, l’employeur n’a pas à souscrire un contrat de prévoyance collective pour tous les salariés, sauf si la convention collective l’impose. En revanche, pour les cadres, l’article 7 de la Convention Collective Nationale des Cadres de 1947 institue une obligation forte : l’entreprise doit verser une cotisation patronale spécifique, au moins 1,50 % de la tranche A du salaire, prioritairement affectée à un capital décès.

Cette cotisation cadre n’est pas une simple formalité comptable. En cas de décès d’un cadre non couvert, la jurisprudence considère que l’employeur a privé la famille d’un capital décès et de rentes éventuelles (rente éducation, par exemple). Les décisions récentes condamnent les entreprises défaillantes au versement d’un capital représentant plusieurs fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, auquel s’ajoutent des dommages et intérêts pour perte de chance. Les montants atteignent rapidement plusieurs dizaines, voire plus de cent mille euros 😱.

Pour les régimes imposés par les conventions collectives, la logique est comparable. L’absence d’affiliation ou une affiliation tardive expose l’entreprise à des dommages et intérêts, y compris si le risque ne s’est pas encore réalisé. Les juges peuvent considérer que le seul défaut de couverture constitue un manquement générateur de préjudice. Lorsque le salarié est toujours vivant, l’employeur doit régulariser ses versements, parfois rembourser des cotisations indûment prélevées et indemniser le salarié pour le stress ou les difficultés financières rencontrées.

Ces décisions en série rappellent une réalité trop souvent oubliée : la prévoyance n’est pas simplement un « bonus » social, c’est une partie intégrante de la gestion des risques de l’entreprise. Un arrêt maladie longue durée non couvert, un décès de cadre non sécurisé ou un dirigeant victime d’invalidité peuvent mettre à mal la trésorerie, la crédibilité bancaire et la continuité de l’activité. La perte humaine est irréparable ; la fragilisation financière, elle, peut être atténuée par un montage de prévoyance cohérent.

Les bonnes pratiques consistent à auditer régulièrement les obligations issues des conventions collectives, à vérifier que les contrats souscrits correspondent bien à ces textes (garanties, taux, assiette de cotisation) et à suivre la vie du contrat : nouveaux salariés, changements de statut, revalorisation de salaires. Un simple décalage entre la fiche de paie et la déclaration à l’assureur peut suffire à créer un angle mort.

Prévoyance spécifique du dirigeant : de l’obligation à la stratégie patrimoniale

Pour le dirigeant, la prévoyance dépasse largement le strict respect des textes. Un président de SAS assimilé salarié peut bénéficier des garanties collectives au même titre que les cadres, et compléter par un contrat individuel ciblé s’il le souhaite. Un gérant majoritaire TNS doit quant à lui bâtir sa propre protection avec des contrats sur mesure : indemnités journalières, capital décès, invalidité, couverture des charges fixes de l’entreprise, etc.

Les contrats éligibles à la loi Madelin, destinés aux TNS, permettent de déduire les cotisations du revenu professionnel dans certaines limites. Utilisés intelligemment, ils transforment une dépense de protection en outil d’optimisation fiscale. L’enjeu est de choisir des niveaux de garanties adaptés au train de vie réel, aux charges récurrentes et au patrimoine personnel. Par exemple, un dirigeant d’EURL très endetté sur un bien immobilier loué aura tout intérêt à sécuriser un capital décès suffisant pour solder ses emprunts et protéger sa famille.

Les cas jugés par les tribunaux montrent aussi un mouvement de fond : la reconnaissance de préjudices moraux liés à l’absence de prévoyance, même lorsque la situation est complexe. Cette tendance incite les entreprises à traiter la prévoyance avec le même sérieux que la mutuelle et la retraite. Les dirigeants qui l’ont compris y voient un levier pour fidéliser leurs talents, rassurer leurs partenaires financiers et protéger leur propre futur.

En résumé, la prévoyance n’est pas un luxe. C’est la ceinture de sécurité invisible du projet entrepreneurial, celle qui empêche un accident de vie de se transformer en catastrophe économique.

Retraite du dirigeant et des salariés : respecter les obligations légales et préparer l’avenir

La retraite se joue sur des décennies, mais se décide au quotidien sur la paie. L’employeur doit cotiser à la retraite de base et à la retraite complémentaire (AGIRC-ARRCO) pour chaque salarié concerné. Quand les cotisations sont mal calculées, versées en retard ou oubliées, le problème ne se voit pas immédiatement. Il ressort plus tard, au moment où le salarié demande la liquidation de ses droits et constate des trimestres manquants ou un montant de pension inférieur à ce qu’il aurait dû percevoir.

Les juridictions rappellent régulièrement que ces oublis ou retards engagent la responsabilité de l’employeur. Celui-ci peut être condamné à régulariser les cotisations non versées, mais aussi à des dommages et intérêts pour compenser la « perte de chance » de partir plus tôt ou avec une pension plus élevée. Cette perte de chance ne correspond pas exactement à l’avantage perdu ; elle est valorisée de manière raisonnable, souvent à plusieurs milliers d’euros. Ce risque s’ajoute à d’éventuels redressements URSSAF si des contrôles révèlent des anomalies répétées.

Au-delà de ces obligations légales, certains employeurs choisissent de mettre en place des régimes de retraite supplémentaire (article 39, article 83 du Code général des impôts, plans catégoriels modernisés). Bien conçus, ces dispositifs améliorent la rémunération différée des cadres et des dirigeants, avec des avantages fiscaux et sociaux conditionnés au caractère collectif et obligatoire du régime. Mal montés, ils peuvent perdre leur attractivité fiscale ou être contestés comme discriminatoires.

Pour le dirigeant lui-même, les enjeux sont encore plus structurants. Un président de SAS, assimilé salarié, cotise aux mêmes caisses que les cadres et peut bénéficier de dispositifs supplémentaires mis en place pour cette population. La question devient alors celle de l’arbitrage entre salaire, dividendes et épargne retraite. Les analyses de rémunération de dirigeant de SASU montrent à quel point le dosage entre revenu courant, retraite obligatoire et retraite surcomplémentaire conditionne la qualité de vie future.

Un gérant TNS, lui, doit composer avec un régime de base et complémentaire moins généreux, compensé par la liberté de mettre en place une épargne retraite individuelle ou Madelin plus modulable. Là encore, la cohérence globale est clé : inutile de surdimensionner la prévoyance si aucune stratégie n’est pensée pour la retraite, et inversement. La protection du dirigeant se construit comme un puzzle dont chaque pièce compte.

Retraite supplémentaire et stratégie long terme pour le dirigeant

Les régimes de retraite supplémentaire peuvent devenir de puissants outils de fidélisation et de gestion patrimoniale. Un accord d’entreprise qui prévoit une retraite supplémentaire pour une catégorie de salariés, incluant le dirigeant, peut transformer la perception de la rémunération globale. Les collaborateurs y voient un signe concret de reconnaissance sur le long terme, et le dirigeant bénéficie lui-même d’un complément de revenus futurs, souvent mieux traité fiscalement qu’une simple augmentation de salaire.

La condition de réussite réside dans la rigueur de la mise en place : caractère collectif, catégories objectives, obligations contractuelles bien définies. En cas de non-respect, les redressements peuvent effacer l’avantage fiscal tant pour l’entreprise que pour les bénéficiaires. La frontière entre optimisation fine et mauvais montage est mince, d’où l’intérêt de s’appuyer sur des conseils spécialisés lorsque les montants deviennent significatifs.

Pour les chefs d’entreprise qui se demandent s’ils doivent continuer seuls ou embaucher, la retraite devient aussi un critère de décision. Recruter un premier salarié, comme le montre ce guide sur l’embauche du premier collaborateur, ne change pas seulement l’organisation quotidienne. Cela modifie les obligations en matière de retraite complémentaire, ouvre la porte à des régimes supplémentaires de groupe et renforce le besoin de maîtrise du volet social.

À long terme, les entreprises qui intègrent la question de la retraite dans leur politique sociale construisent un climat de confiance rare. Les salariés savent que leurs années de travail se traduiront par des droits concrets, tandis que le dirigeant aligne sa trajectoire patrimoniale sur celle de sa société.

Statut du dirigeant, choix de structure et impact sur mutuelle, prévoyance et retraite

Le choix du statut juridique n’est jamais neutre pour la couverture sociale du dirigeant. Entre SASU, EURL, SARL, portage salarial ou activité indépendante, chaque configuration entraîne des règles différentes en matière de mutuelle, de prévoyance et de retraite. Un dirigeant assimilé salarié (président de SAS, de SASU) se rapproche d’un cadre classique sur le plan de la protection sociale, tandis qu’un TNS supporte un régime de base plus léger mais dispose de leviers d’optimisation plus souples.

Comparer les structures permet de visualiser ces impacts :

Statut ⚙️Régime social du dirigeant 🧾Mutuelle / prévoyance 🩺Retraite 🧓
SAS / SASUAssimilé salarié (hors chômage)Accès aux régimes collectifs + contrats individuels 💼Régime salarié + surcomplémentaires possibles
SARL gérant majoritaire / EURLTravailleur non salarié (TNS)Mutuelle et prévoyance TNS, loi Madelin possible ✅Régime TNS + épargne retraite individuelle
Portage salarialSalarié portéAccès à la mutuelle et à la prévoyance du portage 🛡️Retraite salariée via le portage

Les fondateurs qui hésitent entre SASU et EURL gagnent à intégrer ces critères sociaux dès le départ. Un comparatif détaillé SASU / EURL permet de visualiser l’impact non seulement sur la fiscalité, mais aussi sur la protection santé, la prévoyance et la retraite. Ce sont parfois ces éléments invisibles qui font pencher la balance.

Le portage salarial constitue une autre voie intéressante, notamment pour les consultants qui souhaitent tester une activité sans assumer directement toutes les obligations d’employeur. Les dispositifs de portage pour consultants offrent souvent une mutuelle d’entreprise, une prévoyance et la cotisation à la retraite, ce qui peut sécuriser la transition entre salariat classique et entrepreneuriat.

Dirigeant et arbitrages concrets : comment articuler risque, cash et protection

Au-delà des textes, un dirigeant jongle avec des contraintes bien réelles : trésorerie, charges, perspectives de développement. La question n’est pas seulement « quelle est l’obligation légale ? », mais « quel niveau de mutuelle, de prévoyance et de retraite permet d’absorber un choc sans mettre l’entreprise à genoux ? ». Cet arbitrage se joue souvent sur trois axes : le risque acceptable, le budget disponible, la stratégie de vie personnelle.

Pour structurer cette réflexion, une liste de priorités aide à clarifier les choix :

  • 🩺 Santé immédiate : mutuelle solide sur l’hospitalisation, les soins courants, l’optique et le dentaire.
  • 🛡️ Protection du revenu : prévoyance couvrant arrêt de travail, invalidité, charges fixes de l’entreprise.
  • 🏠 Protection de la famille : capital décès suffisant pour solder les dettes et sécuriser le niveau de vie.
  • 📈 Retraite future : dispositifs obligatoires maîtrisés et épargne retraite complémentaire cohérente.
  • 💶 Optimisation fiscale : utilisation des contrats responsables et des dispositifs Madelin ou assimilés.

La clé consiste à hiérarchiser ces postes selon l’âge, la santé, la situation familiale et les objectifs patrimoniaux. Un jeune dirigeant sans enfant privilégiera la couverture d’arrêt de travail ; un chef d’entreprise proche de la retraite concentrera ses efforts sur les droits futurs et la sécurisation de son niveau de vie post-activité.

Ce travail de hiérarchisation transforme la protection sociale en véritable levier de performance, plutôt qu’en centre de coûts subi.

Mettre en place une stratégie cohérente : de la conformité aux vraies bonnes pratiques

Passer des obligations légales aux bonnes pratiques suppose d’adopter une vision globale. Un dirigeant qui veut dormir tranquille ne se contente pas de vérifier que sa mutuelle respecte le panier minimal et que la prévoyance des cadres est bien cotisée. Il cherche à éliminer les angles morts, à documenter correctement ses choix et à utiliser chaque contrat comme un outil de gestion des risques.

Concrètement, une approche structurée repose sur quelques piliers. D’abord, la formalisation : une décision unilatérale propre, des notices claires, des demandes de dispense archivées, des tableaux de suivi pour la prévoyance et la retraite. Ensuite, la cohérence des catégories : cadres, non-cadres, dirigeants, commerciaux itinérants, etc. Ces catégories doivent être à la fois objectives, lisibles pour les salariés et alignées avec les exigences des exonérations sociales. Enfin, le suivi : un rendez-vous annuel pour vérifier les garanties, les taux, les nouvelles règles (par exemple les évolutions du 100 % santé ou des plafonds Madelin) et la satisfaction des salariés.

Un point souvent négligé concerne la vie du contrat : arrivée d’un premier salarié, embauche de cadres, passage d’EURL à SASU, changement de convention collective. Chaque événement structurel devrait déclencher une revue des contrats de mutuelle, de prévoyance et de retraite. Sans cette vigilance, l’entreprise risque d’appliquer des dispositions devenues inadaptées, voire contraires au nouveau cadre social.

Outils, négociation et culture d’entreprise : la protection sociale comme investissement

La dernière marche consiste à aborder la protection sociale comme un investissement et non comme une simple charge. Comparer plusieurs assureurs, challenger les courtiers, négocier les plafonds, les délais de carence, la prise en charge de la chambre particulière ou des médecines douces permet souvent d’augmenter significativement la qualité de la couverture sans exploser le budget. Les offres évoluent vite, et les contrats dormants coûtent cher en opportunités perdues.

Pour ancrer cette démarche dans le quotidien, diffuser une culture de la protection sociale au sein de l’entreprise aide énormément. Des ateliers courts, des fiches pratiques, des points réguliers en entretien annuel transforment un sujet perçu comme technique en avantage concret pour les équipes. Les salariés comprennent mieux leurs droits ; le dirigeant, lui, gagne en légitimité et en capacité à arbitrer sereinement entre coût et niveau de protection.

À terme, les entreprises qui réussissent cette transformation se reconnaissent facilement : elles affichent une mutuelle compétitive, une prévoyance lisible, une retraite correctement suivie et une vraie stabilité sociale. Le dirigeant n’est plus seulement garant du respect de la loi ; il devient architecte d’un environnement de travail protecteur, attractif et durable.

Un dirigeant doit-il obligatoirement adhérer à la mutuelle d’entreprise ?

L’adhésion du dirigeant dépend de son statut et du périmètre du régime collectif. Un président de SAS ou de SASU, assimilé salarié, est généralement inclus si le document fondateur vise les cadres ou les dirigeants. Dans ce cas, l’adhésion devient obligatoire sauf cas de dispense prévu par la loi et l’acte de mise en place. Un gérant majoritaire de SARL ou d’EURL, lui, relève du régime TNS et n’est pas concerné par la mutuelle d’entreprise ; il doit souscrire une mutuelle individuelle ou TNS adaptée.

La prévoyance est-elle obligatoire pour tous les salariés ?

Non. La loi n’impose pas une prévoyance collective pour tous les salariés, mais l’article 7 de la Convention Collective Nationale des Cadres rend obligatoire une cotisation patronale pour les cadres, prioritairement affectée à la couverture décès. De plus, de nombreuses conventions collectives imposent des garanties prévoyance pour tout ou partie du personnel. Dès que ces textes l’exigent, l’employeur doit mettre en place un contrat conforme sous peine de condamnations financières.

Quels sont les risques si l’employeur ne respecte pas ses obligations sociales ?

Le non-respect des obligations en mutuelle, prévoyance ou retraite peut entraîner des redressements URSSAF, la régularisation de cotisations non versées et des condamnations à verser des dommages et intérêts aux salariés. Les juges indemnisent souvent la perte de chance de bénéficier de prestations (capital décès, rente, droits à la retraite) et, de plus en plus, certains préjudices moraux. Même des retards d’affiliation ou des erreurs sur les dispenses peuvent être sanctionnés.

Comment optimiser fiscalement la protection sociale d’un dirigeant TNS ?

Un dirigeant TNS peut utiliser des contrats éligibles à la loi Madelin pour sa mutuelle, sa prévoyance et son épargne retraite. Les cotisations sont alors déductibles du bénéfice imposable dans des limites calculées sur le revenu professionnel. Le point clé consiste à choisir des contrats responsables pour conserver les avantages sociaux, calibrer les garanties sur le niveau de vie et les charges réelles, et vérifier chaque année l’adéquation des plafonds de déduction.

Comment concilier maîtrise des coûts et bonne protection sociale dans une petite entreprise ?

La bonne approche consiste à sécuriser d’abord les risques majeurs (hospitalisation, arrêt de travail long, décès), puis à ajuster les niveaux sur les postes plus secondaires. Négocier avec plusieurs assureurs, privilégier un contrat de mutuelle responsable, respecter les catégories objectives et regrouper mutuelle et prévoyance dans un même appel d’offres permettent souvent de réduire la facture. Un suivi annuel des garanties et de l’utilisation réelle par les salariés aide à adapter le contrat sans dégrader la sécurité financière de chacun.